mercredi 20 janvier 2010

Pájarillo Verde ...

De leur étreinte végétale surgit l'écorce.


De leurs regards concentriques naquit l'aubier, ainsi que la sève de leurs baisers

qui imprima des oiseaux rouges aux commissures des branches.


Et parfois, portés sur les hanches du vent, leurs mots d'amour

qui s'installaient sous forme de feuilles.


Vénus Khoury-Ghata

samedi 16 janvier 2010

du ciel à l'étang

Un enfant s'agenouille pour mieux boire le monde,


l'instant présent s'écaille telle une vieille peau.


Nous atteindrons par contre la dimension du vent,


avec ce paysage qui dort au fond des mots.


in Je revois

de Nadia Tuéni

mardi 12 janvier 2010

poème au lever du jour


Plus transparente...


Plus transparente qu'une goutte d'eau


Tu es un fleuve blessé, tu es le jour

qui dispenses l'air, tu brûles les mots

morts et les mots tu les traverses avec ton ventre.


Nous habitons une déchirure que le soleil et l'eau polissent lentement


pendant que nos corps émigrés dans les caresses s'inventent leur écriture.


Marc Rombaut

samedi 9 janvier 2010

in "Personne" de Gwenaëlle Aubry

"C'est de son vivant, peut être, qu'on l'avait perdu, qu'on ne savait plus qui il était, où il était.


A présent qu'il est mort, on réunit ce qu'il a laissé, miettes et cailloux semés dans les forêts de son angoisse, trésors et épaves,


on construit le vide, on sculpte l'absence, on cherche une forme pour ce qui, en nous, demeure de lui et qui a toujours été la tentation de l'informe, la menace du chaos,


on cherche des mots pour ce qui, toujours, a été en nous la part secrète, la part muette, un corps de mots pour celui qui n'a pas de tombe, un château de présence pour protéger son absence."


mercredi 6 janvier 2010

Le combat des arbres, c’est la verticalité . Armand Gatti

Arbres ! Votre verticalité est la voie d’une prise de conscience,


celle qui anime l’univers aux moindres souffles, couleurs, mots qui s’inventent créateurs.

Les mythes se promènent parmi eux avec ces ramures de cerfs imaginaires.

Venu des tréfonds de vos mémoires un écureuil monte et descend.

Il transmet les défis mutuels que se portent le serpent, et l’aigle…

dimanche 3 janvier 2010

Zen, la vie de galet?

Depuis l'explosion de leur énorme aïeul, et de leur trajectoire aux cieux abattus sans ressort, les rochers se sont tus.


Les roses s'assoient sur leurs genoux gris, et elles font contre eux leur naïve diatribe. Eux les admettent. Eux, dont jadis la grêle désastreuse éclaircit les forêts, et dont la durée est éternelle dans la stupeur et la résignation.


Ils rient de voir autour d'eux suscitées et condamnées tant de générations de fleurs, d'une carnation d'ailleurs quoi qu'on en dise à peine plus vivante que la leur, et d'un rose aussi pâle et aussi fané que leur gris.


Ils pensent (comme des statues sans se donner la peine de le dire) que ces teintes sont empruntées aux lueurs des cieux au soleil couchant, lueurs elles-même par les cieux essayées tous les soirs en mémoire d'un incendie bien plus éclatant, lors de ce fameux cataclysme à l'occasion duquel, projetés violemment dans les airs, ils connurent une heure de liberté magnifique terminée par ce formidable atterrement.


Non loin de là, la mer aux genoux rocheux des géants spectateurs sur ses bords des efforts écumants de leurs femmes abattues, sans cesse arrache des blocs qu'elle garde, étreint, balance, dorlote, ressasse, malaxe, flatte et polit dans ses bras contre son corps


ou abandonne dans un coin de sa bouche comme une dragée, puis ressort de sa bouche, et dépose sur un bord hospitalier en pente douce parmi un troupeau déjà nombreux à sa portée,


en vue de l'y reprendre bientôt pour s'en occuper plus affectueusement, passionnément encore.


Francis Ponge, Le galet


vendredi 1 janvier 2010

BONNE ANNEE con colores and full of joy !!!






nous écrivons
d'un lac

qui nous
parle de
toi

nous qui
sommes noués
d'inavouable

Brice Petit