vendredi 27 août 2010

sous la dentelle du temps












Par la brèche on apercevait l'arbre, debout dans l'éclaircie.

Dans les gouttelettes suspendues aux feuilles, le soleil se multipliait.
































Un voile s'était alors dressé entre lui et les chemins du passé.













Dans un temps qui brasse tous les temps.

Andrée Chedid

âme, monArbre,


























de tes branches je ne devrais 

me poser - oiseau gourd- en possédante,
pourtant, tant de fois me love dans l'ombre 
bienfaisante de tes bras

plonger le regard dans ta myriade d'yeux 
- vert - 
habités ou non de visiteurs ailés, m'envole








comment ne pas frissonner 
à l'unisson des murmures, des caresses
de ton faîte envolés vers 
mon âme éperdue de baisers

et quand  viendra l'hiver,
de ta fourrure végétale dévêtu, je t'aimerai autant
si beau dans ton écorce
- nu -




mercredi 25 août 2010

le Baiser de Niki à Jean


Lèvres à tout jamais fermées sur le miroir

Lèvres cousues au fil de quatre chevaux blancs
Lèvres pulpes du vin et moirures du vent
Lèvres scellées un doigt sur le soleil levant

Pierre Seghers

samedi 21 août 2010

Ode à l'écriture lumineuse



Les constellations s'étaient déjà retournées la tête en bas, toutes les étoiles avaient basculé sur elles-mêmes, mais la lune, enfouie dans un édredon de petits nuages qu'elle éclairait de sa présence invisible, semblait avoir devant elle une route infinie et, absorbée en ses démarches célestes complexes, ne pensait plus à l'aube.

Bruno Schulz in Les boutiques de cannelle

vendredi 20 août 2010

embrasure






Le feu des lucioles sauvages n’a-t-il incendié la prairie ?

Crachent-il fumée, feu, vapeur  les trois o des locomotives ?

in Le livre des questions  de Pablo Neruda

mercredi 18 août 2010

Lignes de ... trame


Des miroirs à nos semelles, nous glissons entre deux langues étrangères.

Radovan Ivsic

Montpellier, ligne bleue Méditerranée



















..malgré la ponction des guerres, la pauvreté rencontrée à chaque pas, ce pays ne s'anéantissait pas dans le désespoir, cette ville demeurait rieuse. Son rire surgissait du fouillis et de la décrépitude; rien n'ébranlait, dans les coeurs, l'image d'un futur providentiel.

Andrée Chedid

lundi 16 août 2010

Lumières





















La nuit, remballant ses effets nocturnes, s'éloigna pour la énième fois répéter son spectacle ailleurs. Ici, pour quelques heures, elle cédait place à l'aube; cette fois, un petit jour piqué de hardiesse. L'immuable firmament s'en trouva remué.
                                   Andrée Chedid

samedi 14 août 2010

Niki et Jean




«J'imaginais la peinture se mettant à saigner. Blessée de la manière dont les gens peuvent être blessés. Pour moi la peinture devenait une personne avec des sentiments et des sensations.» 
 Niki de Saint Phalle 

"Le mouvement me permettait tout simplement d'échapper à cette pétrification, à cette fin de la peinture." 
Jean Tinguely

jeudi 12 août 2010

à la mer comme au ciel

Qu’a appris l’arbre de la terre pour converser avec le ciel ?


Se répète-t-il, le vol noir de l’oiseau  de mer obstiné ?



Et la mer n’est-elle prêtée que pour un temps bref à la terre ?


in Le livre des questions   de Pablo Neruda





lundi 9 août 2010

Montpellier, ville miroir




Nous allions plus loin que les plus lointains horizons

Avec nos épaules et nos mains
Aux étincelles des insondables voûtes...
Nous avons partagé nos ombres
Plus que nos lumières...
Et nous avons construit mur à mur
La noire enceinte de nos solitudes...
Alain Grandbois, Les Îles de la nuit

dimanche 8 août 2010

poussins mouillés

J'avais l'impression de caresser un gros nuage enivré de soleil, tombé par mégarde dans un puits et flottant mollement dans ses eaux couleur d'encre. 
Sylvie Germain

samedi 7 août 2010

de la liberté

Nous sourions du dedans. Ce sourire nous le cachons
maintenant.
Illégal, le sourire - comme illégal est devenu le soleil,
illégale la vérité.
Nous cachons notre sourire
comme nous cachons dans notre poche la photo de 
notre bien aimée

comme nous cachons l'idée de la liberté dans les plis de 
notre coeur.
Tous, ici bas, nous avons un seul ciel et le même sourire.

Demain peut être prendront-ils nos vies. Ce sourire
et ce ciel, ils ne peuvent pas nous les prendre.


de Yannis RITSOS, écrit de Kontopouli, Limnos, camp de concentration pour détenus politiques,1948 1949

mercredi 4 août 2010

Barque solaire


















...Ferme les yeux ferme les yeux Regarde

Ici jeunesse ici feuillage eau fraîche oiseaux
Egoïsme solaire héritage bleu des lézards
La grande nouveauté de vivre où tout est si bizarre
Que le hasard se blesse aux biseaux des roseaux...

Aragon in Le drôle de printemps

lundi 2 août 2010

Pures Bambous






Nuits de la cinquième lune -
on entend de temps à autre
le pet d'un bambou
Takaraï Kikaku