vendredi 30 avril 2010

Vitr'in blue








Je navigue encore dans des régions nébuleuses. 
Un objet, puis un autre, déchire soudain les brumes,
m'apparaît dans une lumière crue, avant de s'engloutir.
Andrée Chedid

lundi 26 avril 2010

Thé d'arbre


C'est mon lac intérieur -
dans l'ombre rôde
un tigre noir
Kaneko Tôta
Dans le petit bois
un lacis de branches -
midi profond
Akutagawa Ryûnosuke




vendredi 23 avril 2010

serpents, bleu de mer


les mots sont des bateaux qui n'existent presque pas
dans la houle toujours plus profonde des souvenirs
Assez loin de toute couleur qui n'est pas la vraie
la houle des mers...
Radovan Ivsic

mardi 20 avril 2010

écrans de lumières




....Avec la sorte de courage qu'il faut pour être rien et rien que rien, je lâcherai ce qui paraissait m'être indissolublement proche.
...Vidé  de l'abcès d'être quelqu'un, je boirai à nouveau l'espace nourricier...
Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel , au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m'avait fait déserter.

in "Lointain  intérieur" Henri Michaux

dimanche 18 avril 2010

Deux ors dedans?







«La parole est déjà du luxe, de l’excès, de la superstructure.»
On veut trop être quelqu'un.» - Plume, postface
 Henri Michaux 

jeudi 15 avril 2010

Aubes noires




Dans le bois des rafales, je sens les routes de l'orage et les aubes mortes
Des jours se faufilent dans mes illusions à la recherche des caresses
Radovan Ivsic

lundi 12 avril 2010

où est l'arbre?


Ils lâchent leurs paroles, un flot, un vomissement de vert. Ils tâchent d’aboutir à une feuillaison complète de paroles. Tant pis ! Cela s’ordonnera comme cela pourra ! Mais, en réalité, cela s’ordonne ! Aucune liberté dans la feuillaison…Ils lancent, du moins le croient-ils, n’importe quelles paroles, lancent des tiges pour y suspendre encore des paroles : nos troncs, pensent-ils sont là pour tout assumer. Ils s’efforcent à se cacher, à se confondre les uns dans les autres. Ils croient pouvoir tout dire, recouvrir le monde de paroles variées : ils ne disent que « les arbres ». Incapables même de retenir les oiseaux qui repartent d’eux, alors qu’ils se réjouissaient d’avoir produit de si étranges fleurs.
Francis Ponge


vendredi 9 avril 2010

marcher sur le ciel


Nous sommes prisonniers du temps, et notre espace ne connaîtra jamais les infrasymphonies vitales que chantent les racines d’un arbre.
Armand Gatti

samedi 3 avril 2010

aiguilles et perles


L'eau à crinière blanche
entaille et sépare
pourtant vous ne saurez rien
l'aigrette y veille.
Radovan Ivsic