mardi 26 janvier 2010

Ecrire,

Ecrire c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre.
La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté.
Roland Barthes

lundi 25 janvier 2010

ciel d'or

Le large cosmique, où les nuages, la lumière et le vent resplendissent de transparence et vibrent de silence,


où les orages improvisent, d'une écriture déchirante, d'immenses poèmes ignés


qui nous font pressentir ce que fut la naissance du monde, ce que sera sa fin.


Sylvie Germain

samedi 23 janvier 2010

in Personne, de Gwenaëlle Aubry (suite)

...sur ma mer calme et comme fondue au ciel à force de clarté...



Mais un effort insensé pour rejoindre en lui, par delà les ruines, celui que la maladie avait laissé intact,

encore capable de comprendre, de penser, d'écrire et d'espérer.


...aucun code social ne s'attache au chagrin qui rend fou.


Pourtant, où que j'aille, une part de moi vivait à l'ombre avec lui.


mercredi 20 janvier 2010

Pájarillo Verde ...

De leur étreinte végétale surgit l'écorce.


De leurs regards concentriques naquit l'aubier, ainsi que la sève de leurs baisers

qui imprima des oiseaux rouges aux commissures des branches.


Et parfois, portés sur les hanches du vent, leurs mots d'amour

qui s'installaient sous forme de feuilles.


Vénus Khoury-Ghata

samedi 16 janvier 2010

du ciel à l'étang

Un enfant s'agenouille pour mieux boire le monde,


l'instant présent s'écaille telle une vieille peau.


Nous atteindrons par contre la dimension du vent,


avec ce paysage qui dort au fond des mots.


in Je revois

de Nadia Tuéni

mardi 12 janvier 2010

poème au lever du jour


Plus transparente...


Plus transparente qu'une goutte d'eau


Tu es un fleuve blessé, tu es le jour

qui dispenses l'air, tu brûles les mots

morts et les mots tu les traverses avec ton ventre.


Nous habitons une déchirure que le soleil et l'eau polissent lentement


pendant que nos corps émigrés dans les caresses s'inventent leur écriture.


Marc Rombaut

samedi 9 janvier 2010

in "Personne" de Gwenaëlle Aubry

"C'est de son vivant, peut être, qu'on l'avait perdu, qu'on ne savait plus qui il était, où il était.


A présent qu'il est mort, on réunit ce qu'il a laissé, miettes et cailloux semés dans les forêts de son angoisse, trésors et épaves,


on construit le vide, on sculpte l'absence, on cherche une forme pour ce qui, en nous, demeure de lui et qui a toujours été la tentation de l'informe, la menace du chaos,


on cherche des mots pour ce qui, toujours, a été en nous la part secrète, la part muette, un corps de mots pour celui qui n'a pas de tombe, un château de présence pour protéger son absence."